Alex-Mot-à-Mots

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Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Luc Chomarat

Manufacture de livres

19,90
24 janvier 2022

années 70, enfance

J’ai donc suivi avec intérêt ce fils de professeur dont nous ne saurons jamais le prénom depuis le départ de ses parents d’Algérie suite aux événements, leur installation à Saint-Etienne dans un Grand Ensemble, la naissance du petit frère jusqu’à la classe de Terminale et la découverte de l’Amour.
J’ai aimé les leitmotivs du récit : la casquette du petit frère qui renferme tout son savoir ; la 4CV qui n’avance pas ; les citations latines de l’oncle universitaire parisien.
J’ai aimé les jeux d’imagination du narrateur dans son enfance jusque bien plus tard.
J’ai aimé son rapport avec sa cousine Lina qui évolue avec le temps.
J’ai aimé que ses parents gardent leur part de mystère : la dépression de la mère reste inexpliquée ; le père est toujours distant.
J’ai aimé la part de magie de la mère.
Et puis le foot, un sport d’abord rejeté par le narrateur.
Contre toute attente, pour moi qui ne suis pas né à Saint-Etienne ni à cette époque, j’ai aimé suivre le jeune garçon dans les rues de la ville et au sein de sa famille.

L’image que je retiendrai :
Celle de la passion inébranlable du narrateur pour les BD.

https://alexmotamots.fr/le-fils-du-professeur-luc-chomarat/

Françoise Guérin

Eyrolles

18,00
24 janvier 2022

maternité, enquête

Ce dernier roman de l’auteure reprend un thème qui lui est cher : la toute nouvelle mère et sa relation avec son bébé, couplé d’une enquête policière des plus retorse.

Betty vient d’accoucher seule sur le pas de sa porte, se réveille à l’hôpital comateuse après avoir perdu beaucoup de sang. Mais elle ne peut pas voir son bébé car le père s’y oppose. Or, Betty apprend que son mari est retenu en otage en Afrique.

Qui est donc ce mystérieux homme qui a fait irruption entre Betty et son bébé ?

Betty devra chercher dans ses souvenirs enfouis, aidé d’une équipe de soignants (des vrais qui ont le temps et la patience) bienveillants.

J’ai aimé suivre Betty dans les méandres de ses souvenirs et ses peurs actuelles (le fameux personnage mystérieux fait régner un climat de terreur).

J’ai aimé les femmes autour de Betty dans le service mère-bébé, chacune avec son histoire et sa relation difficile avec son enfant.

J’ai aimé le mot de rencontre employé quand Betty voit pour la première fois son bébé.

Et si le côté enquête m’a moins parlé cette fois-ci, j’ai retrouvé avec plaisir la plume de l’auteure.

L’image que je retiendrai :

Celle du chauffeur de taxi qui aide Betty à accoucher sur le pas de sa porte, lui qui connait les gestes pour sauver la mère et l’enfant, lui qui était médecin dans son pays de naissance.

https://alexmotamots.fr/on-noie-bien-les-petits-chats-francoise-guerin/

24 janvier 2022

Moyen-Age

L’auteur m’a plongé en plein Moyen-Age à la fois au milieu des Parfaits (que l’on n’appelait pas encore Cathares) et d’une abbaye en plein chantier dont le chef n’est pas loin de sa fin.

J’ai aimé l’alternance des chapitres suivant un des 3 personnages principaux : le jeune noble fraichement adoubé qui découvre la politique ; la femme mûre Aloïs qui a choisi la Vraie Foi en toute conscience ; l’imagier Jordi qui voit ses compagnons mourir un à un de terrible façon.

L’auteur n’hésite pas à mêler des mots d’anciens français dans sa narration sans que cela ne gène la lecture, et qui lui donne un peu plus une tonalité historique.

Une enquête passionnante dans une atmosphère médiévale pleine de chausse-trappe et d’hommes de main.

L’image que je retiendrai :

Celle du chef de la congrégation sur son trône à roues ferrées.

https://alexmotamots.fr/angelus-francois-henri-soulie/

24 janvier 2022

famille, mensonge

OK : l’auteur a mêlé la Grande Histoire (celle du Procès de Klaus Barbie) à sa petite histoire de famille dans ce roman alors que dans les faits, il y a plus de 20 ans d’écart et une discussion qui n’a jamais eu lieu (magie de l’écriture).

Mais j’ai trouvé le personnage du fils peu en colère contre son père à qui il veut faire cracher le morceau. Comme si l’auteur avait pu enfin passer à autre chose. Mais alors pourquoi écrire ce roman si il n’y a plus de colère ?

Et puis l’impuissance de l’enfant a été rédhibitoire : il SAIT que son père est un menteur pathologique. Alors pourquoi tenter avec ses pauvres preuves de lui faire dire la vérité ? Il est pas psy, et même eux, je suis pas certaines qu’ils y arriveraient quand le patient est rétif.

Plutôt qu’un enfant de salaud, je me suis dit que M. Chalandon était plutôt un enfant de menteur. Parce qu’au fond, en refermant ce roman, on ne sait pas vraiment ce qu’a fait le père. S’est-il vraiment engagé avec les nazis ou a-t-il été un simple opportuniste évitant la mitraille ?

Parce que nous sommes nombreux dans ce cas, en France, à être des enfants de salaud. En ce qui concerne ma petite personne, je suis doublement une petite-fille de salaud par mon grand-père paternel qui a résisté longtemps à l’appel de la résistance ; par mon grand-père maternel qui est parti au STO (volontaire ou contraint ? quelle importance, il en est revenu malade)

Ils ne sont pas nombreux, les enfants de Héros

Mais j’ai aimé ces anonymes qui ont aidé quelques juifs à passer sous les radars. Pas tout le temps, peut-être qu’une seule fois. Sans s’en vanter. Juste en ce laissant porter par le moment.

Bref, cette lecture a remué bien des questions.

J’ai toutefois aimé les leitmotivs du récit : « Ils sont cons les gens, hein ? » que répète le père ; l’orage qui plane et éclate sur la ville ; un père attentif à ce que les choses aient de la gueule ; le mot « pomme » tracé sur une ardoise à Izieu.

Quelques citations :

Un jeune coq de 22 ans, dressé face à l’aigle germain qui leur explique que non, finalement, tout ça n’est pas une bonne idée ? Et d’ailleurs je suis malade. Je veux rentrer en France et retourner vivre chez ma mère-grand, dans la Loire.

Cinq fois déserteur, de cinq armées différentes, te voilà reparti sur les routes.

L’image que je retiendrai :

Celle des verres de bière que père et fils vont boire à la sortie du tribunal presque chaque soir. Mensonge ou vérité ?

https://alexmotamots.fr/enfant-de-salaud-sorj-chalandon/

21,90
24 janvier 2022

famille

Nous suivons la vie heureuse de Blythe depuis sa rencontre avec son mari jusqu’à la naissance de sa fille aînée. Et puis tout dérape, même si Blythe s’efforce de faire tout bien. Pour les autres, pas pour elle ni pour son enfant.

Ces chapitres sur cette relation difficile alternent avec ceux sur l’histoire de la grand-mère puis de la mère de Blythe.

J’ai aimé ce roman pour de multiples raisons : d’abord parce que l’on y lit l’épuisement d’une mère après la naissance de son enfant ; une mère qui n’arrive pas à créer de lien avec lui. C’est assez nouveau de parler des « mauvaises mères« , celles qui n’y arrivent pas de façon aussi décomplexer, sans les culpabiliser.

Ensuite parce que l’explication donnée en filigrane vient de la filiation : comment donner ce que l’on n’a pas reçu ? Le bébé l’a bien compris, puis la petite fille qui grandit qui se révolte à sa façon violente.

J’ai aimé suivre cette mère paumée qui ne baisse jamais les bras et qui, somme toute, et assez lucide sur sa fille.

Une histoire qui m’a parlé et m’a émue.

L’image que je retiendrai :

Celle des moufles roses de Violet sur la poussette de son petit frère.

https://alexmotamots.fr/entre-toutes-les-meres-ashley-audrain/