Pascale B.

18 août 2022

Hamster, animal de compagnie

Eva Rosset est taxidermiste. Son quotidien monotone est interrompu par une commande un peu spéciale : un hamster-lion (à crinière).
Avec légèreté et humour, Nicolas Garma-Berman entoure son héroïne de rencontres, de sentiments nouveaux et de mystérieuses plumes. Une parenthèse divertissante pour le lecteur, agrémentée de messages sur l’amour filiale, la cause animale…

Style simple mais adapté à cet étonnant premier roman.

« J’ai passé mon adolescence dans un désert de silence »

« Les coïncidences sont des bestioles qui ne se réveillent que quand on les chatouille »

Bruit du monde

23,00
18 août 2022

Peuple yoeme

Partant d’un lieu « le rocher blanc », l’origine du monde ? ; où convergent différents courants de l’histoire, Anna Hope traverse quatre siècles (1775, 1907, 1969 et 2020) représentés par quatre personnages (un jeune lieutenant, la fille « Petite ombre », une rock star et une écrivaine) concernés simultanément par la crise de la civilisation occidentale.
Tout converge vers ce rocher, symbole d’offrande, contrastant avec la progression exacerbée de l’Homme et de ses paradoxes.
Roman choral enchaînant les destins d’une écriture hardie.
Ce pèlerinage voué à gagner la faveur des dieux emportera certains lecteurs, en perdra d’autres …. Là où le peuple indigène Wixarika mexicain milite pour défendre ses terres sacrées.

18 août 2022

Vertige

Après des mois d’insomnies et de larmes, une jeune femme suicidaire est hospitalisée pour repos et réparation, éloignée de son mari et de ses deux enfants.
Lors de sa convalescence, elle rencontre un homme qui réveille en elle son « autre moi » dont le cœur s’emballe.
Marion Roucheux analyse sa reprise d’une vie de famille coexistant avec un amant virtuel et des stigmates charnels.

La conscience d’une addiction insensée paralyse la jeune femme qui suffoque et se laisse consumée par le désir à distance. Texte sensuel à la fois pudique et intime, interrogeant avec acuité sur la maternité qui ébranle et enferme, sur une métamorphose ou frustration amoureuse ignorée par l’entourage…
Ce récit se lit d’une traite, le lecteur espérant une conciliation possible entre désir et société.

20,00
18 août 2022

"S'il te bat, c'est qu'il t'aime"

Russie, été 2018. Trois sœurs victimes de violences domestiques tuent leur père. Parricide ou légitime défense ? Syndrome d’abus, stress post-traumatique…. Des mois de procédures face à des valeurs patriarcales autoritaires installées depuis des siècles et où la prison se révèle mieux que de continuer la vie avec un tyran intouchable….

C’est ce dont Laura Paggioli veut témoigner, romançant les faits à rebours, alternant avec son vécu personnel des violences intrafamiliales banalisées dans ce pays où les soutiens sont rares. Les constatations sont édifiantes et l’auteur partage pleinement cette ambivalence entre l’amour pour un pays et l’emprisonnement dans la violence de coupables impunis. Le confinement n’a pas arrangé la situation de la liberté des femmes.

Premier roman brillant et saisissant.

« Ce qui se passait au sein des foyers devait y rester, nombreux Russes le pensaient… »

18 août 2022

Mon amie deux fois perdue

Après la mort soudaine de son amie, Caroline Laurent termine par fidélité et amitié le roman mémoire qu’elles avaient commencé ensemble. Mais cette amitié sincère et rare est fauchée 5 ans plus tard par la réalité incestueuse de cette famille.
Sous le choc, victime collatérale, l’auteure évoque le chaos et la confusion dans lesquelles la plonge l’information, les répercussions sur son élan d’écriture réduit à jachère et sa vie sentimentale.
Avec une écriture habile et un style précieux, le lecteur reçoit ce pèle-mêle de nausée, d’incompréhension, de sidération, de culpabilité ; l’asphyxie par les réactions de l’entourage.
Caroline Laurent revient sur son enfance à Tahiti, son frère éphémère, puis entreprend un voyage-réparation aux îles Féroé pour passer d’un chagrin sous cloche à une voie propice à renouer avec les hommes.
Déposition intime à lire d’une traite.

« Si c’était à refaire, est-ce que tu le referais ? »